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  • Revue Incise 7 : Claire Thouvenot, « Comment voulons-nous vivre ? A partir de Boris Arvatov ».

    La pauvreté de l’imaginaire politique actuel suffit à donner sa valeur d’oxygène au titre de Claire Thouvenot – « Comment voulons-nous vivre ? » Cette question ouvre un texte peuplé d’intuitions, de désirs et de fulgurances qui sont très loin de nous et qui, à ce titre, nous des-asphyxient. La Russie avant-gardiste des années vingt…

  • Revue Incise 4 : César H. Espinosa, « Esthétique et répression, rompre le cercle »

    César Espinosa est un critique, syndicaliste et artiste mexicain qui a conduit un travail d’écriture journalistique et poétique pendant trois décennies. À l’intersection de l’art conceptuel et du militantisme, ses articles livrent une chronique des menues actions et réflexions des artistes dont le projet fut de prendre la rue. Annabela Tournon, curatrice, éditrice et historienne de l’art, présente cette année une exposition au Mexique et en France sur le groupe Mira, dont la trajectoire coïncide avec les années 1970, leurs fulgurances et leur potentiel d’insistance. Elle a traduit cet article de presse d’Espinosa sur la rue, la couleur et la politique.
  • Revue Incise 3 : Gilles Amalvi, « Poésie classe moyenne »

    Présentant Angelus Novus, la revue qu’il projetait de faire, Walter Benjamin écrit : « La véritable destination d’une revue est de témoigner de l’esprit de son époque. » C’est une phrase étrange qui semble adresser la revue à un au-delà d’elle-même, comme s’il fallait travailler à donner quelque chose dont la vocation est de nous échapper. Cette idée…

  • Revue Incise 2 : La multiplicité éparpillée qui s’appelle « Brecht» par Florent Lahache.

    Présentation du second chapitre de Brecht and Method de Fredric Jameson par Florent Lahache, sont traducteur.

  • Revue Incise 2 : Fredric Jameson, « Monades chronologiques ».

    Brecht and Method, chapitre 2, traduit par Florent Lahache.

  • Couleurs locales, les nouvelles ambiguïtés

    Ce qui nous déplaît franchement est souvent plus aisé à comprendre que ce qui nous attire. Comme si le charme des objets qui nous sourient les revêtait d’une naturalité ou d’une évidence qui les rendaient finalement plus opaques à l’analyse. C’est à cet exercice pourtant qu’ont travaillé Caroline Châtelet et Élise Garraud, respectivement critique dramatique et administratrice-costumière, à l’égard de ce lieu commun dont nous sommes tous, à l’intérieur ou pas, les usagers réguliers : un café. (C’est un café parisien, comme nombre d’autres espaces que traverse la revue. Où Paris n’apparaîtra pas comme un centre ou comme une évidence qui s’impose, mais comme l’endroit où l’on vit et d’où l’on parle.)

  • Street life + Une ville à la mer

    « Il paraît urgent de prêter l’oreille moins à ceux qui croient avoir trouvé l’arcane lui-même [le secret de l’ère nouvelle], qu’à ceux qui expriment de la façon la plus sobre, la plus impassible et la moins importune le tourment et la misère, ne serait-ce que parce qu’une revue n’est pas le lieu où s’expriment les plus grands. » C’est ce qu’écrivait Walter Benjamin en 1922 dans l’annonce de son projet de revue, Angelus Novus. « Grand » ici n’est bien entendu pas un ordre de valeur auquel se fier, c’est l’ordre social. Il y a dans le rapport de Joseph Mitchell à l’écriture et à la vie quelque chose qui relève du petit, d’un point de souveraineté hors royaume, dont l’écriture est le lieu. Il faudrait inventer cette catégorie d’art poétique : le texte qui suit est un art-du-lieu, une sorte de blason de la ville…

  • Paroles gelées ou le soulagement

    Si l’idée d’incise a un sens, c’est celui de la saignée, précise et prophylactique. L’image se veut emblème de la critique, celle que nous réclamons de nos vœux, de gens de théâtre ou de citoyens. Il est dans la tradition des Lumières de penser l’acte critique comme destruction – destruction de l’erreur, religieuse, scientifique, idéologique. Dans le théâtre, si erreur il y a, elle est déterminée par les besoins du travail, une certaine pratique des lois courtisanes imposées par une précarisation de la production de tous, et une complaisance à s’y soumettre. N’ont plus cours alors que les compliments utiles et une certaine paresse journalistique à ne pas vouloir décourager la culture. Le lieu de celui qui veut donner les coudées franches à ses réflexions se doit donc (peut-être) d’être littéralement in-sis. (Revue Incise accueille avec intérêt toute proposition de texte critique.)

  • Essais d’occupation

    Une condition nécessaire, et peut-être suffisante, de ce qui fait un lieu est l’hospitalité. Cet endroit est-il accueillant ? L’est-il au contraire trop peu, trop mal ? Une évaluation est quantitative, c’est une mesure. Jacques Derrida a identifié la tension qui existe entre « la loi inconditionnelle de l’hospitalité illimitée », que l’on suspend ou trahit forcément pour protéger un chez-soi mais aussi pour « tenter de rendre l’accueil effectif, déterminé, concret, pour le mettre en œuvre », et les « lois de l’hospitalité » nécessairement conditionnées et conditionnelles, transformant « le don en contrat, l’ouverture en pacte policé ». Les lieux d’art évidemment se construisent dans ce jeu de l’hospitalité, courant le risque de recouvrir sa part vive par une maîtrise trop ascendante : scénographie contraignante des espaces accueillant le public, stratégies visant à la venue de spectateurs socialement déterminés, accueil sélectif des artistes…

  • Mars à Vincennes, Jessica au Groenland

    Le zoo de Vincennes a traversé le temps. Sa réouverture après travaux au printemps 2014 s’est accompagnée d’une imposante campagne événementielle : street marketing et affiches en noir et blanc, selon une esthétique début XXe, où singes et lions, girafes et zèbres, entre quelques poignées de foin, ont trouvé leur espace naturel sur la place de la République et au Trocadéro. « Je n’irai pas au zoo de Vincennes, écrit Olivia Rosenthal, je ne réitérerai pas l’expérience de ceux qui, en 1931, accouraient à l’Exposition universelle pour découvrir à la fois des bêtes exotiques et des indigènes. » (Le Magazine littéraire, juin 2014). Les représentations d’une époque éloignée, dont jouent les images contemporaines, déplacent également la distance à laquelle on croit s’en tenir, et le mythe du progrès qu’elles suggèrent peut-être…